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jeudi 27 avril 2017

Breaking news

Rien de grave: je fais un break.
Mais je vais revenir.
Et vite.

N'hésitez pas à lire ou relire.

Pour rappel: le libellé "jeunesse" conduit à la littérature de jeunesse et celui de "littérature générale" à celle des "grandes personnes".

Et tous les autres vous permettent d'affiner vos choix de lecture.




mercredi 26 avril 2017

Vincent Cuvellier, trente ans d'écriture déjà!

Vincent Cuvellier vu par Robin. (c) Gallimard Jeunesse/Giboulées.

C'est le 1er avril 2002, il y a quinze ans, que Vincent Cuvellier est devenu véritablement écrivain, dit-il. Quand il a trouvé chez lui, déposés par le facteur, ses exemplaires de "Kilomètre zéro", son premier roman pour préados publié au Rouergue Jeunesse - et réédité l'an dernier avec une nouvelle couverture de Max de Radiguès (lire dans les compléments).

Ecrivain, le Brestois l'était certes déjà depuis quinze ans. Mais si sa première publication, la nouvelle "La troisième vie" (Milan), écrite à 17 ans, fut lauréate du Prix du Jeune écrivain de langue française 1987, repérée par l'écrivain Christian Giudicelli qui l'a imposée au jury, elle ne l'a pas embarqué pour autant sur un long fleuve tranquille.

Bien au contraire! Vincent Cuvellier se remémore aujourd'hui son itinéraire d'écrivain peu gâté pendant ses quinze premières années d'écriture dans "Je ne suis pas un auteur jeunesse" (dessins de Robin, Gallimard Jeunesse/Giboulées, 128 pages). Il y confie aussi les quinze suivantes, bien plus gratifiantes. Un mélange d'autobiographie et d'essai littéraire dont le ton est donné dès le titre, pique au livre de Christian Grenier, "Je suis un auteur jeunesse" (lire dans les compléments). Car Vincent Cuvellier se revendique écrivain, écrivain tout court, même s'il admet que son public est celui des enfants et des adolescents.  C'est même un de ses sujets de discussion préférés, comme l'autonomie grâce aux droits d'auteur et pas aux prestations scolaires, les obligations morales de l'auteur ou non, la liberté de créer. Autant de thèmes qu'il aborde de face ou de biais dans son livre "bilan et perspectives". Sans "oui-ouin" mais avec la liberté de pensée et le brin de provoc' qui le caractérise. Et qui fait qu'on l'aime.

La vocation d'être écrivain, Vincent Cuvellier l'a depuis qu'il a 8 ou 9 ans. Il le raconte dans "Le pouvoir magique", un livret illustré par Robin et offert par Gallimard Jeunesse/Giboulées à l'occasion des 30 ans d'écriture de l'auteur. Ecrire est la grande affaire de sa vie, comme être autonome et indépendant, ambition qui lui a valu déboires et expérience.

Aujourd'hui, à 47 ans, dont 30 d'écriture et 71 livres publiés, l'auteur du roman pour ados "Ma tronche en slip" (Rouergue, 2014, nouvel épisode autour de son héros Benjamin) entame une nouvelle tranche de quinze ans.  Avec des livres qui sortent en chapelet ces mois-ci, d'autres à écrire bien sûr, mais aussi un magasin de livres d'occasion, Les gros mots, qu'il vient d'ouvrir à Bruxelles.

Fameuse année que 2017 pour le Français installé à Bruxelles depuis 2012! Il y vit avec son fils Joseph, dix ans, mieux connu sous le nom de Jojo. Hercule avait douze travaux, Cuvellier en a sept!

  • Première sortie en janvier: "La cire moderne" (Casterman), la première bande dessinée de Vincent Cuvellier avec Max de Radiguès, l'auteur du logo de sa boutique, sur l'improbable héritage qu'est une fabrique de cierges.
  • En parallèle, une bande dessinée mensuelle dans "Astrapi" (Bayard), "Les nouveaux" (à l'école) avec  Benoit Audé.
  • Février: ouverture de la bouquinerie Les gros mots (67 rue Lesbroussart, 1050 Bruxelles), près de la place Flagey (lire dans les compléments).
  • Fin mars,  sorties au cube: "Emile fait l'enterrement", avec Ronan Badel (Gallimard Jeunesse/Giboulées, 32 pages), le quatorzième album de la série, le quinzième, "Emile rêve" sortira en septembre, en parallèle au hors-série "Les mots d'Emile", voir dans les compléments); l'album "Mon fils", avec Delphine Perret (Gallimard Jeunesse/Giboulées, 96 pages, lire dans les compléments); l'essai sur la littérature jeunesse "Je ne suis pas auteur jeunesse" illustré par Robin (Gallimard Jeunesse/Giboulées, 140 pages, lire dans les compléments).
  • A la rentrée de septembre, sortie de "Histoires pour les jours pairs", avec Thomas Baas (Hélium), un titre à prendre au premier degré car il rassemble 183 nouvelles, une tous les deux jours!

Compléments

Kilomètre zéro
Vincent Cuvellier
Rouergue, 2002
réédition 2016

Partir marcher avec son père sur un chemin de grande randonnée, Benjamin n'en avait franchement pas rêvé. Pourtant, il le fera et découvrira quel homme est son père. Pas de morale mais un compte-rendu précis des kilomètres avalés à deux, comme les boîtes de conserve mal réchauffées et les pains au fromage fondu. Avec les moments horribles, ceux qui le sont moins et aussi ceux qui sont carrément réussis. On y croise furtivement une demoiselle qui a deux points de beauté sous l'œil droit.


Je suis un auteur jeunesse
Christian Grenier
Rageot, 2004

Auteur jeunesse confirmé, Christian Grenier a 25 ans quand, finalement, il accepte l'idée de ce métier. "Il m'a fallu des années pour devenir jeune", confesse-t-il en avant-propos de son émouvant  bilan-confession qui pose mille questions sans toujours y apporter de réponses, réflexion d'un auteur défendant une littérature de jeunesse de qualité.

Grenier nous raconte son destin peu habituel d'enfant tardif et solitaire d'un couple de comédiens. Son enfance gavée de théâtre, cette "machine à fabriquer de l'illusion" dont il observe les mécanismes, avant que le roman ne prenne place dans sa vie. Son amour d'ado, puissant et inébranlable, pour Annette, de plusieurs années son aînée. Sa vie d'enseignant et d'écrivain jeunesse, revendiquée haut la main par une comparaison comique avec la notion d'écrivain "vieillesse". Se perçoit surtout une immense passion partagée entre l'écriture, les centaines de mots assemblés chaque jour, et la lecture, des dizaines de livres lus chaque semaine, et ce, depuis toujours.


Je ne suis pas un auteur jeunesse
Vincent Cuvellier
Robin
Gallimard Jeunesse/Giboulées
2017, 140 pages

Papier mat blanc sur lequel claquent les mots bleus de la couverture et une silhouette aussi fière que nonchalante, tranche du même bleu fort, ni clair, ni foncé, le livre risque de surprendre. Par son ton et par ses invités, des "fantômes" convoqués tour à tour, le Général de Gaulle, Claude François et Lino Ventura! "Chacun des fantômes correspond à un de mes traits", explique l'auteur. "Ce sont mes amis imaginaires. J'ai pas mal galéré. Claude François, c'est "je vais y arriver", Charles de Gaulle m'aide à prendre de la hauteur, il est le mec qui a sauvé la France, Lino Ventura est celui qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Au début, je m'en suis pris plein la gueule. Avec Guillaume Guéraud, on était les rebelles." Et l'aval du père, en finale.

Vincent Cuvellier y raconte son itinéraire d'auteur qui "aime bien écrire vite et court", ses galères et ses bonheurs d'homme et d'écrivain. Ses rencontres avec deux éditrices, Sylvie Gracia au Rouergue qui le lance, et Colline Faure-Poirée (Gallimard Jeunesse/Giboulées) qui lui ouvre d'autres chemins et ressemble à Maria Pacôme. Il parle de lui, de ses livres réussis, de ses livres ratés, ceux qu'il a fait parce qu'il faut gagner sa vie. Il cause aussi de littérature jeunesse, évidemment. Ce n'est pas pour rien qu'il a lancé une page sur Facebook à ce sujet (12.000 membres) , l'a barrée pendant cinq ans avant d'en passer le gouvernail à Francesco Pittau en février. Vincent Cuvellier n'est pas tendre, on le sait. Il ne mâche pas ses mots. Balance ses roquettes contre les livres-médicaments et ceux qui les écrivent. En même temps, il défend son métier et l'idéal qu'il voit à son métier. Il est là pour écrire, pas pour rencontrer des enfants dans les classes à longueur d'année. Pas que le principe lui déplaise mais il veut vivre de ses droits d'auteur, pas des rémunérations liées aux rencontres scolaires.

Voilà donc une analyse autobiographique du secteur qui décoiffe et où on retrouve trop bien le Cuvellier de la vraie vie. "J'avais l'idée du livre depuis longtemps mais ma pensée n'était alors pas structurée. J'en avais fait une première version, trop en colère. J'en avais marre du milieu, des auteurs pédagos, des instits auteurs." La seconde version risque de les secouer aussi. Mais la réflexion n'est-elle pas salutaire?

Un seul regret, que la bibliographie finale ne mentionne que les livres publiés chez Gallimard.


Mon fils
Vincent Cuvellier
Delphine Perret
Gallimard Jeunesse/Giboulées
2017, 96 pages

"Cet album est la suite de "La première fois que je suis née"", sait Vincent Cuvellier qui y raconte son fils par petites touches. Sa vie avec lui, sa vie avant lui un peu. Des petits brins de quotidien, la naissance, la rencontre, le grand-père, les histoires, les sorties, la plage, Bruxelles, les projets.., posés là et éclairés par les dessins très simples de Delphine Perret. Des silhouettes au trait noir, relevées d'aplats de couleurs vives, en accord avec la lettrine du texte auxquelles elles se rapportent. "Jojo, mon fils, ne voulait pas que je fasse ce livre au début. Puis il l'a regardé un jour. Il l'aimait bien, et l'a amené à l'école à sa maîtresse."

Illustration de Delphine Perret. (c) Gallimard Jeun./Giboulées.

Un extrait de "Mon fils". (c) Gallimard Jeun./Giboulées.

Un livre qui est venu par petites tranches, se souvient l'auteur. Ce qui lui donne sa fluidité. "Je voulais éviter le côté formule philosophique. Désamorcer le sujet par des trucs très quotidiens. Ma technique est basée sur la spontanéité travaillée. Je réserve, je pense le moins possible à ce que je vais écrire, puis, devant la feuille, j'écris."

"Mon fils" est le portrait d'un fils par son père comme "Kilomètre zéro" était le portrait d'un père par son fils. Mais ça, c'est mon avis...


La première fois que  je suis née
Vincent Cuvellier
Charles Dutertre
Gallimard Jeunesse/Giboulées
2006, 108 pages

Ce très joli album en boucle commence à la naissance d'une petite fille, une noiraude avec un point de beauté sous l'œil droit. Il se poursuit par l'évocation de quarante-neuf autres "premières fois": rencontre du papa, annonce du nom, bisou, bain, pipi... Chaque fois, un court texte détaille la situation que traduit à sa manière le dessin. Au fil de ces cinquante arrêts sur images, moments de bonheur ou plus difficiles, le bébé grandit: petite fille, adolescente, jeune femme, future mère avec en projection dans l'avenir le rappel de "premières fois" à elle, et, finalement, nouvelle maman qui tient dans ses bras un bébé fille, une noiraude avec deux points de beauté sous l'œil droit et naît une deuxième fois!


La fois où je suis devenu écrivain
Vincent Cuvellier
Rouergue, 2012

Vingt-cinq ans après ses débuts d'écrivain, l'auteur se souvient de l'adolescent qu'il a été. Viré de l'école avant la fin du cursus, intéressé par les filles, enchaînant les petits boulots pas toujours enchanteurs mais adorant écrire et rêvant d'être écrivain. Ce qu'il est devenu.


La série des Emile
Emile est né en 2012. C'est un petit garçon qui vit sa vie de petit garçon, a ses émotions et ses interrogations de petit garçon. Avec une bouille qui n'est pas sans rappeler celle de Jojo petit. La série comptera quinze volumes et quatre hors-série à la fin de l'année!




Plein d'autres livres évidemment, des romans et des albums dont "Tony Tiny Boy" avec Dorothée de Monfreid (Hélium, 2013, lire ici), "Ils ont grandi pendant la guerre " (illustré par Baron Brumaire, Gallimard  Jeunesse/Giboulées, 2015), un documentaire sur des vieilles personnes qui racontent aux enfants d'aujourd'hui comment s'est passée leur enfance pendant la guerre.





Sur la porte
Les gros mots
Magasin de livres d'occasion
67 rue Lesbroussart
1050 Bruxelles
du mercredi au vendredi
de 14 heures à 18h30
le samedi de midi à 18h30
La vitrine.

On peut dessiner sur les murs (sous conditions).
Une immense vitrine vitrée permet de voir ce qui se trouve à l'intérieur. Des caisses en bois avec des livres pour enfants, anciens ou récents, principalement des albums dont on peut découvrir les couvertures. Des étagères alignant des livres sur l'enfance et ce qui tourne autour, histoire ou récits classés par genre ("coin du feu" pour les contes"). D'autres boîtes avec des dessins d'humour et de presse, des affiches, des dessins originaux, des cartes postales, des marque-page, etc... Des jouets, des marionnettes, des jeux de société. Aux murs, des dessins des visiteurs, invités à immortaliser leurs livres préférés.

Il est frappant de voir combien cette bouquinerie semble la déclinaison de la page Facebook "Actualité de la littérature jeunesse". Page qui remplaçait un projet de revue culturelle pour enfants qui a capoté faute de moyens.

"Pour le magasin, il ne faut pas spécialement avoir la folie des grandeurs", affirme le patron. "Je veux faire quelque chose à ma taille, comme mes livres, ni trop grands, ni trop petits. C’est important de savoir se situer. Il y a environ 2.000 livres en stock dont un tiers provient de ma collection personnelle. Les autres ont été achetés depuis septembre en perspective de la boutique."

L'écrivain bouquiniste Vincent Cuvellier.

vendredi 21 avril 2017

Les libraires tirent la couverture à eux samedi


Euh, rappelez-moi, SVP. Que se passe-t-il le dimanche 23 avril?
Mais oui, voilà, ça me revient. C'est la Sant Jordi en Catalogne, devenue la Fête de la Librairie par les libraires indépendants ici (lire ici).

Mais comme elle tombe cette fois un dimanche, la dix-neuvième édition de cette fête annuelle se tiendra le samedi 22 avril. Le Syndicat des libraires francophones de Belgique (SLFB) s'associe à nouveau à l'action de l'association Verbes fondée par Marie-Rose Guarniéri (librairie des Abbesses, Paris 18e) qui l'a créée et la porte.

Parfois, on la résume dans l'expression, "Un livre, une rose". Si ce sont deux cadeaux faits ce jour-là aux clients, c'est aussi l'occasion de saluer le travail des libraires. Des êtres humains qui lisent les livres et les conseillent en fonction de ce qu'ils savent de leurs clients. Sans commune mesure avec des algorithmes.


Concrètement, ce sont près de 500 librairies en France, en Belgique (voir la liste des 40 en fin de note), au Luxembourg et en Suisse francophones qui y participent ce samedi. L'occasion de tirer pour une fois la couverture à elles.

En effet; "Le Corps du livre" (en partenariat avec Actes Sud, 144 pages), le livre offert traditionnellement aux participants à la journée, en plus de la rose, tiré à 23.000 exemplaires, examine sous toutes ses coutures la genèse de la couverture des livres.
Largement illustré d'images et de témoignages, il mène l'enquête sur ce que raconte une couverture. Il rend hommage aux pionniers des métiers de l'illustration, du graphisme et de la typographie, comme Massin ou Pierre Faucheux, et sort de l'ombre ceux qui y travaillent aujourd'hui.

Cet ouvrage hyper intéressant car abordant pour le grand public un sujet de spécialistes réunit enfin des contributions d'éditeurs contemporains sur la genèse de leurs couvertures les plus mémorables, dont certaines sont devenues cultes:  Bertrand Py pour Actes Sud, Gérard Berréby pour Allia, Jean-Luc Barré pour la collection Bouquins de Robert Laffont, Christian Bourgois, Jean-Claude Zylberstein pour 10/18, Anne Simonin pour les Editions de Minuit, Olivier Cohen en interview pour les Editions de l'Olivier, Paul Otchakovsky-Laurens pour les éditions P.O.L, Dominique Bordes pour Monsieur Toussaint Louverture, Frédéric Martin pour Le Tripode.

Un formidable parcours historico-graphique dans l'édition française, complété de trois textes inédits des écrivains Laurent Gaudé, Linda Lê et Annie Le Brun.

Les Editions de Minuit. (c) Le Corps du livre.
P.O.L. (c) Le Corps du livre.

Voilà pour la Sant Jordi 2017, que chaque librairie célébrera également à sa façon, invitant ici un ou des écrivains durant la journée de samedi, organisant là une "opération dictionnaire suspendu" locale... A chacun de consulter le site de son libraire indépendant préféré.

Pour le reste, où en est-on?

La librairie indépendante est toujours fragile. "Le début d'année est difficile pour de nombreux libraires", analyse Régis Delcourt, de la librairie Point-Virgule à Namur et Président du Syndicat des libraires francophones de Belgique (SLFB) , "les éditeurs français retiennent les bons titres pour septembre en raison des élections. Mais il y a, et c'est très important, un réel militantisme chez de nombreux clients qui, plus que jamais, souhaitent défendre la librairie indépendante. Je pense que beaucoup veulent du conseil, un accueil, des rencontres avec des auteurs. Nous en réalisons beaucoup chez nous et il y a toujours pas mal de monde. De mon côté, je suis plutôt confiant et suis certain que la communication autour de la loi et la disparition de la tabelle seront bénéfiques à notre secteur."
A Bruxelles, la librairie Candide constate avec surprise et joie un net accroissement d'année en année de la vente des poches.

Quant à la tabelle, elle suit sa route (lire ici) et le calendrier prévu. Et pourrait donc être prête en janvier 2018, juste avant la Foire du livre de Bruxelles.


Les libraires indépendants belges participants

  • Tropismes, Galerie des Princes, 11, 1000 Bruxelles
  • Tulitu, Rue de Flandre, 55, 1000 Bruxelles
  • Candide, Place Brugmann, 1-2, 1050 Bruxelles
  • Les yeux gourmands, Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles
  • Librairie Jaune, Rue Léopold 1er , 499, 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.,  Avenue Gustave Demey, 14-16, 1160  Bruxelles
  • La Licorne, Chaussée d'Alsemberg, 715, 1180 Bruxelles
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur, Rue St Lambert, 116, 1200 Bruxelles
  • L'Ivre de Papier, Rue St Jean, 34, 1370 Jodoigne
  • Au P'tit Prince, Rue de Soignies, 12, 1400 Nivelles
  • Graffiti, Chaussée de Bruxelles, 129, 1410 Waterloo
  • Le Baobab, Rue des Alliés, 3, 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors, Place Xavier Neujean, 27A, 4000 Liège
  • La Parenthèse, Rue des Carmes, 24,  4000 Liège
  • Pax, Place Cockerill, 4, 4000 Liège
  • Librairie Siloë, Rue des Prémontrés, 40, 4000 Liège
  • Le Long Courrier, Avenue Laboulle, 55, 4130 Tilff
  • Autre chose, Rue Albert 1er, 40, 4280 Hannut
  • La Dérive, Grand Place, 10, 4500 Huy
  • Au fil d'Ariane, Rue Henri Hurard, 5, 4800 Verviers
  • Les Augustins, Pont du Chêne, 1, 4800  Verviers
  • Au fil d'Ariane 3, Avenue de Spa, 59, 4802 Heusy
  • Pages après pages, Rue Dr Henri Schaltin, 7,  4900 Spa
  • Au fil d'Ariane 2, Rue Catherine André, 2, 4960 Malmedy
  • Papyrus, Rue Bas de la Place, 16, 5000 Namur
  • Point-Virgule, Rue Lelièvre, 1, 5000 Namur
  • Antigone, Place de l'Orneau, 17, 5030 Gembloux
  • DLivre, Rue Grande,  67A, 500 Dinant
  • Molière, Bld Tirou, 68, 6000 Charleroi
  • Librairie Croisy, Rue du Sablon, 131, 6600 Bastogne
  • Du tiers et du quart, Rue de Neufchâteau, 153, 6700 Arlon
  • Le point virgule, Grand Place, 21, 6700 Arlon
  • Le Temps de lire, Rue du Serpont, 13, 6800 Libramont
  • Oxygène, Rue St Roch, 26, 6840 Neufchâteau
  • Leto, Rue d'Havré, 35, 7000 Mons
  • Polar & Co, Rue de la Coupe, 36, 7000 Mons
  • Ecrivain Public, Rue de Brouckère, 45, 7100  La Louvière
  • Librairie de la Reine, Grand Place, 9, 7130 Binche
  • Chantelivre, Quai Notre-Dame, 10, 7500 Tournai
  • Decallonne, Grand Place, 18, 7500 Tournai





jeudi 20 avril 2017

Souvenir: Eva Eriksson, juste et drôle

Eva Eriksson.

Un album d'images posté sur Facebook me rappelle combien j'apprécie le travail d'illustratrice de la Suéoise Eva Eriksson. Quelle merveilleuse artiste, entrée en littérature de jeunesse en 1979. Les enfants ont de la chance. Voici quelques-uns de ses albums qui me sont revenus en mémoire.


"Juju le bébé terrible"
bien entendu
Barbro Lindgren
Eva Eriksson
La Farandole, 1982, épuisé
retraduit chez Mijade, 2006

Juju, le bébé terrible, et sa maman grande, un peu forte et surtout terriblement gentille. Le bébé en profite pour lui en faire voir de toutes les couleurs. Les bêtises s'enchaînent: descentes d'escalier, ploufs dans l'eau de vaisselle, échappées... Mais derrière tout cela, on perçoit la formidable complicité entre eux et leur immense amour.



Les séries débordantes d'humour  "Tom", "Mini Bill" et "Cricri lapin" de Barbro Lindgren et Eva Eriksson (Casterman et Duculot, épuisés, l'école des loisirs/les lutins, un titre disponible), explorant aussi l'univers des tout-petits avec des héros pleins de vie et aux bouilles particulièrement sympathiques.


"Le monsieur, la dame,
et quelque chose dans le ventre"
Kim Fupz Aakeson 
Eva Eriksson
traduit du danois par Nils Ahl
L'école des loisirs/Pastel, 2003

L'illustratrice suédoise Eva Eriksson fait de ses personnages les héros d'albums formidables. Des albums qui offrent un double plaisir de lecture: d'abord, celui, immédiat, de leur humour ravageur; ensuite, celui, plus profond, de la portée universelle des situations intimes qu'ils décrivent. Celui-ci, fable magnifique qui rappelle qu'avec l'amour, tout change, même ce qui est rationnel et logique, vaut aussi son pesant de petits Jésus.

Il met en scène un couple d'adultes heureux - ils s'aiment tellement qu'ils ne cessent de s'embrasser. Un matin, la dame déclare: "Je crois que j'ai quelque chose dans le ventre!" L'annonce fait glisser le récit d'une situation quotidienne réelle, drôle, pétillante, vers le fantastique: si la dame est bien enceinte, le bébé qu'elle met au monde n'est pas humain... Commentaire de l'homme: "Ah!" Commentaire de la dame: "Ah!"

Le couple passe par un premier stade où il essaie de mettre le bébé en conformité avec la norme, puis s'enfonce dans un marasme de plus en plus profond. Son équilibre est-il définitivement perdu? Non. Lors d'une visite au zoo, les parents découvrent un bébé humain élevé par les singes et prennent conscience de leur amour pour leur propre petit. Cette scène miroir est le pivot du récit, qui repart avec un bébé accepté.

Eva Eriksson confie que lorsqu'elle a reçu le texte, elle pensait qu'il y aurait un échange des enfants, apparemment intervertis, et que c'est en dessinant les images, en faisant vivre son personnage, en l'aimant, qu'elle a compris que l'échange était impossible.


"Le meilleur spectacle du monde"
Ulf Nilsson
Eva Eriksson
traduit et adapté du suédois par Alain Gnaedig
l'école des loisirs/Pastel
40 pages, 2012

A six ans, le jeune narrateur est très fort pour chanter plein de chansons à son petit frère. Dans l'intimité de la maison. A l'école, il se montre plutôt timide. Ce qu'admet la maîtresse qui lui propose de juste annoncer la fin du spectacle de leur classe. Mais même ça, c'est trop. Jusqu'à ce qu'un petit sauveur grimpe sur scène et donne confiance à son aîné. Bien vu.


"Grand-père est un fantôme"
Kim Fupz Aakeson
Eva Eriksson
traduit du danois
l'école des loisirs/Pastel
2005

Esben perd subitement son grand-père, mort d'une crise cardiaque au coin de la rue. Le rouquin nous fait part de ses émotions et de ses sentiments, de son désarroi surtout. Par exemple, quand sa maman lui dit que l'aïeul est monté au ciel alors que son papa lui explique qu'il va être mis en terre et que là-dessous, il se transformera lui aussi en terre et disparaîtra.

Voilà beaucoup d'explications pour un petit garçon qui finit par trouver sa propre voie quand son Grand-père revient la nuit, tel un fantôme. Pas de peur chez Esben, amusé au contraire de voir son aïeul traverser les murs, aller et venir dans le quartier ou crier "ouououououououhhhh". Mais le mort n'est pas heureux. Il cherche quelque chose, sans trop savoir quoi. Il égrène ses souvenirs avant d'écouter ceux de son petit-fils, déclic qui lui permettra de prendre congé d'Esben. Album un peu étrange aux images lumineuses et au texte attachant et rassurant. Un vrai livre d'amour.


"Nos petits enterrements"
Ulf Nilsson
Eva Eriksson
traduit du suédois par Alain Gnaedig
l'école des loisirs/Pastel, 2006

Petits arrangements avec la mort, entre jeux d'enfants et premiers sentiments devant la mort. Le narrateur, Esther et Lolo décident d'enterrer les animaux qu'ils trouvent morts. Après la tombe pour un bourdon, ce sera celle pour une musaraigne, un hamster et un coq... Une vraie petite entreprise. Sauf que la mort n'est jamais chose facile. Un beau texte, entre conte et poésie.


"Mimi et la biscuiterie"
Viveca Sundvall
Eva Eriksson
traduit du suédois
l'école des loisirs, 1989

Mimi Ljung est une jeune Suédoise de six ans. Elle nous raconte sa vie familiale, avec son papa facteur et sa maman serveuse dans un restaurant, sa vie avec ses copains dans la ville où est installée la biscuiterie Henry, sa vie à l'école avec son meilleur copain, Anders.

Mimi a deux préoccupations: savoir quand elle ira visiter la biscuiterie avec sa classe et savoir quand elle perdra sa première dent. Et voilà que les événements tant attendus se bousculent: une dent de Mimi se met à bouger le jour où la visite est prévue!

Mimi raconte les péripéties du déplacement. Avec toute leur naïveté et toute leur cocasse impertinence, les écoliers investissent la biscuiterie. Monsieur Henry découvre là des visiteurs bien dérangeants, mais avec beaucoup de psychologie, il répond à leurs questions. A la sortie, voilà Mimi qui perd sa dent, provoquant l'évanouissement de ses condisciples...

La visite leur ayant donné des idées, Mimi et Anders entreprennent alors d'élaborer leur propre recette de biscuits. Ingrédients: flocons d'avoine, lait caillé, œufs, raisins secs, sardines et glaces fondues. Le pire: les cuistots ont goûté de leur préparation!

Un album proche des enfants, tout en finesse et plein d'humour.





mardi 18 avril 2017

Le palmarès des prix Sorcières 2017

L'affiche 2017 des prix Sorcières, par Gilles Bachelet.

Les prix Sorcières sont décernés par les libraires de l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse (ALSJ), dont deux en Belgique, une à Bruxelles, une à Visé, et les bibliothécaires de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF). Ils seront remis officiellement le 25 juin au salon Clameur(s) de Dijon.

Palmarès 2017

Tout-petits

Paul a dit : tourne la page et découvre la surprise
Delphine Chedru
Hélium

Album

Petite Pépite
Nada Matta
MeMo

Première lecture

Björn, six histoires d'ours
Delphine Perret
Les Fourmis Rouges
lire ici

Roman junior

Sally Jones
Jakob Wegelius
Thierry Magnier Éditions

Roman ado

Le fils de l'Ursari
Xavier-Laurent Petit
l'école des loisirs
lire ci-dessous

Documentaire

Atlas des nuages
Julie Guillem
Actes Sud junior








Le montreur d'ours de Xavier-Laurent Petit


Plutôt que d'aller au cinéma voir un film raciste d'une heure et demie sur les Roms, pourquoi ne pas rester chez soi et lire le magnifique roman de Xavier-Laurent Petit, "Le fils de l'Ursari" (l'école des loisirs, Médium, 2016, 270 pages) qui vient de remporter un des prix Sorcières 2017? Enfin une récompense pour cet excellent texte qui a souvent été nominé mais n'avait pas encore été sacré. Un livre à la Xavier-Laurent Petit, construit sur une réalité du monde mais romanesque en diable.

Il est articulé autour de Ciprian, un gamin Rom d'environ dix ans, le narrateur. Il raconte comment le destin nomade de sa famille d'Ursaris, des montreurs d'ours, a changé quand ils ont décidé de quitter la Roumanie et de tenter leur chance à Paris. Ils laisseront provisoirement sur place la grand-mère trop âgée et l'ours de leur spectacle. Partiront le père, la mère et les trois enfants. Non sans avoir donné une dernière représentation montrant comment, le père de Ciprian lutte à mains nues contre un ours. Il est en effet temps de s'éloigner. Les ennuis ont repris, avec les flics, avec la Ligue nationaliste...

Une situation d'urgence qui n'a pas échappé aux passeurs qui proposent à la famille de l'amener à Paris. Moyennent bien entendu une grosse somme d'argent à rembourser au terme du mois. A moins d'intérêts hallucinants. Un voyage éprouvant, qui n'est rien en comparaison de la situation à l'arrivée, un campement, un bidonville, sur lequel règne aussi une mafia. Le père deviendra ferrailleur, la mère et la sœur mendiantes professionnelles, le frère voleur de portefeuilles...

A ce réalisme, Xavier-Laurent Petit oppose le sort original de Ciprian, qui, lors de promenades au jardin du Luxembourg, observe avec intérêt des joueurs d'échecs. Avec intérêt et compétence car la logique du jeu lui semble naturelle, évidente... Aurait-il un don? Il a en tout cas de la volonté, dont celle d'apprendre le français, ce qu'il va faire avec une splendide obstination à l'aide d'un dictionnaire. Le gamin sans papiers aurait-il là une chance d'infléchir le cours de sa vie, et par ricochet, celle de ses proches? Réponse dans ce roman plein de rebondissements prenants, qui montre aussi que ce qui a mal débuté peut bien se terminer. "Le fils de l'Ursari" est une histoire vieille comme le monde, celle de nomades et de sédentaires.

Cette image, prise dans un  pays de l’Est vers 1950, où un homme, torse nu, se bat avec un ours devant des spectateurs, a été le point de départ des recherches de Xavier-Laurent Petit sur les "Ursari".



Quatre questions à Xavier-Laurent Petit

Quel a été l'élément déclencheur de ce roman?
Xavier-Laurent Petit.
Il y en a eu deux, deux histoires vraies. D'abord, une famille rom que je croisais régulièrement il y a trois ou quatre ans en sortant de la gare de Lyon (j'habite en Bourgogne). Elle était près de la gare, sous un auvent, les parents et les enfants, quel que soit le temps. J'avais des réactions diverses: incompréhension, mauvaise conscience, pitié, colère ("pas d'enfants dehors"). Ensuite, l'histoire de Fahim Mohammad, un gamin du Bangladesh doué pour les échecs que son père a emmené en France comme réfugié politique, qui a abouti à Créteil et qui a obtenu ses papiers parce qu'il était indispensable qu'il les ait pour intégrer l'équipe d'échecs de France junior – aujourd'hui, il est toujours très bien classé. J'ai entrelacé ces deux histoires.
Pourquoi avoir choisi les Roms?
Parce que j'ai l'impression qu'ils font partie des gens les plus mal considérés d'Europe, et ce depuis longtemps. Ce sont des gamins comme les autres, prêts à faire autre chose que voler. Ils posent la question du nomadisme et de la scolarisation. J'avais envie d'un Rom avec un don et que son apprentissage du langage passe par le dictionnaire. Il y a longtemps, j'ai fait un atelier d'écriture à Créteil avec une douzaine de gamins. La seule langue commune entre eux était le français. L'enseignante ne s'enfermait pas dans des méthodes et ils étaient très réactifs.
Comment avez-vous choisi vos joueurs d'échecs du Jardin?
Madame Baleine a le volume de sa générosité et de sa colère. Sigismond Lempereur est un homme puissant et protecteur dont le format contribue à la puissance. Ils sont en décalage par rapport à la réalité et ce décalque  donne un peu de flou. Ce n'est ni trop collé ni trop éloigné du réel.
Vous évoquez la violence sans jamais la décrire.
La violence vue ailleurs, à la télé, au cinéma, permet aux lecteurs de mettre des images sur les scènes de violence que j'écris sans que j'entre dans les détails. Les histoires n'existent que parce que je les raconte. Après, chacun en fait ce qu'il veut.





"Dessins sans papiers" en visite à Bruxelles


"Dessins sans papiers" est un collectif français qui organise des ateliers de dessin dans des camps de migrants et dans des centres d'hébergement près de Paris. Il réunit journalistes, urbanistes, dessinateurs, étudiants, professeurs, réalisateurs, photographes, musiciens, artistes, activistes et d'autres. Le but? Construire un réseau de solidarité entre communautés et migrants, se rencontrer et faire circuler les dessins sans papiers. Une association, ATELIER SP, gère les dons de ce projet.

Un crowdfunding a permis au collectif de publier en février un livre réunissant 200 dessins, intitulé tout simplement "Dessins sans papiers" (Atelier SP, 200 pages, 20 euros). On y trouve des dessins bien entendu dont les auteurs sont originaires du Soudan, du Tchad, du Mali, d'Iran, d'Irak, de Syrie, d’Afghanistan... Autant de pays fuis pour des raisons qui apparaissent clairement dans les dessins. La guerre principalement, déclinée à toutes les échelles. Autant d'histoires dans ces dessins, autant de vies, de souvenirs qui devraient être entendus lors des demandes d'asile.

On y trouve aussi des témoignages écrits, en français et en anglais, dont celui de Mohamed Nour Wana, originaire du Soudan: "(...) Je suis la preuve vivante de toutes vos blessures, vos peines, vos pluies de balles, vos violences, vos tortures, vos crimes, vos larmes, vos mépris, vos pensées, vos souhaits, vos rêves. Je suis le résultat de la misère, du racisme, des violences, des crimes et de la terreur infligés aux autres. Je suis mille fois tous. Sans papiers, je ne suis pas une menace pour les autres. Et vous, qui êtes-vous?"

Ou celui d'Ershad Parsa, d'Afghanistan: "(...) nous sommes passe par 1 iran 2 turke 3 bulghare 4 maqdunia 5 serbie 6 salvania 7 italia et nous ne sommes pas venu ici par avion nous sommes quelques fois dans la voiture, nous sommes rencontrent dans le petit bateau, nous pensons que nous meurent chaque fois et maintenant nous sommes en France, mais France qu’est ce que tu fais avec refugiés? (...)"

Quelques dessins de réfugiés provenant du recueil.

Abdel Fadeil (Soudan). (c) Dessins sans papiers.

Amar Tiger (Afghanistan). (c) Dessins sans papiers.


Fathel Zamn. (c) Dessins sans papiers.
Narin Hassan (Syrie). (c) Dessins sans papiers.

Ahmed Gadisa (Ethiopie). (c) Dessins sans papiers.

Zimkhang Tenzin Khedup (Tibet). (c) Dessins sans papiers.


Le livre "Dessins sans papiers" sera présenté et mis en vente à la librairie Candide (1-2 place Brugmann, 1050 Bruxelles) le jeudi 20 avril à partir de 18 heures. L'occasion de découvrir la démarche du collectif, de rencontrer des associations belges qui viennent en aide aux migrants et de visiter la petite exposition de reproductions de dessins tirés du livre qui sera visible jusqu'au 27 avril.
Le livre se vend 20 euros dont 10 seront reversés, en ce qui concerne les ventes chez Candide, à des associations belges, désireuses elles aussi de lancer de tels ateliers.

A ce propos, un premier atelier pour les hébergés aura déjà lieu le mercredi 19 avril à Bruxelles, au Centre Maximilien, en compagnie de Nathalie Dupont, professeure de français, et de l'artiste @Geraldine Marchal. Certains dessins réalisés alors pourraient bien se retrouver aux cimaises de la librairie le jeudi.

Atelier de Dessins sans papiers

"La première fois que nous avons organisé un atelier sur le camp de la Halle Pajol à Paris", explique le collectif, "des passants qui longeaient les tentes ont commencé à s'arrêter, et des échanges se sont engagés avec ceux qui dessinaient. On a continué à apporter des feutres et du papier dans les camps chaque semaine pendant tout l'été, à Pajol puis à Jaurès devant les bureaux de France Terre d'Asile, sur les tables de La Rotonde à Stalingrad, et dans des centres d'hébergement à Paris et à Nantes depuis la rentrée. 

Sur chacune de ces feuilles, il y a une histoire qui échappe à l'anonymat et à Google Translate. Ici les migrants nous font un don. Ils nous confient aussi une mission: partager ces histoires avec ceux qui veulent comprendre leur situation, au-delà des chiffres et de la politique."

Autant d'histoires que de dessins (c) Dessins sans papiers.

Le livre prend forme. (c) Dessins sans papiers. 

Pour suivre le collectif "Dessins sans papiers" sur Facebook, c'est ici.


Cet événement du 20 avril est une excellente manière de se préparer à la "Journée solidaire avec les personnes exilées" dont l'un des points forts sera la vente de dessins originaux au profit des réfugiés qui aura lieu le mercredi 10 mai à Molenbeek. Mais on en reparlera bien entendu.